Comité pour les Droits Humains en Amérique Latine
Depuis 1993, on a retrouvé dans le désert et sur les terrains vagues entourant la ville de Ciudad Juárez, les cadavres de plus de 400 femmes, pour la plupart jeunes et d’origine modeste. Avant d’être tuées, plusieurs d’entre elles avaient été violées, torturées et mutilées. En outre, on évalue à 600 le nombre de femmes toujours portées disparues.
Il a été démontré, dans plusieurs cas, que les enquêtes policières avaient été bâclées. À ce jour, peu de coupables ont été identifiés, appréhendés et condamnés. Le message ainsi envoyé au reste de la société est qu’on peut tuer des femmes impunément. Devant cette situation et sous les pressions de la communauté internationale et de la société civile, l’État mexicain a été interpellé plusieurs fois, mais n’a pas pris toutes les mesures nécessaires pour enrayer cette situation qui revêt les caractéristiques mêmes d’un féminicide, c’est-à-dire l’assassinat misogyne de femmes pour le seul fait qu’elles sont des femmes.
Dans le cadre de l’ALÉNA (Accord de libre-échange nord-américain), le Canada et le Mexique sont des partenaires commerciaux. Il est donc logique et légitime pour les citoyennes et citoyens canadiens de se préoccuper des crimes perpétrés contre les femmes et, en particulier, de la situation qui prévaut au Mexique. En conséquence, nous demandons aux représentants du gouvernement canadien, dans les rapports qu’ils entretiennent avec leurs vis-à-vis mexicains, de faire part de leurs préoccupations en regard de toutes ces disparitions, violences et meurtres de femmes restés impunis, notamment à Ciudad Juárez et dans la ville de Chihuahua. N’est-ce pas là une question fondamentale de droits humains et de sécurité des personnes digne d’être à l’ordre du jour des discussions entourant le Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP) !
Texte produit par le Comité québécois de solidarité avec les femmes de Ciudad Juárez
Pour informations : femmesjuarez@yahoo.com