Comité pour les Droits Humains en Amérique Latine

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Contexte général

L’Amérique latine est depuis des siècles un lieu d’exploitation des ressources naturelles, particulièrement en ce qui a trait aux ressources minières. Depuis la dernière décennie, le secteur minier connaît un boom impressionnant, autour duquel les entreprises canadiennes comptent bien en tirer le maximum de bénéfices. À l’heure actuelle, plusieurs projets d’exploitation sont soit au stade préliminaire ou plus avancés dans une moins large mesure. Toutefois, l’arrivée massive de compagnies minières sur le continent pose de nombreux problèmes au niveau environnemental, social et judiciaire. Dans les zones directement affectées, et dans une plus faible mesure au Canada, la mobilisation s’organise pour contrer la venue de tels projets dits de "développement".

Contexte socio-politique
Au cours des années 1990, plusieurs entreprises privées prennent avantage des politiques de néolibéralisme mises de l’avant par les différents gouvernements nationaux de l’Amérique latine. Dans ce cadre, trois concepts économiques sont privilégiés, voire imposés pour stimuler la croissance : la privatisation, la libéralisation et la déréglementation. Bien que le bilan socio-économique de cette période ait été un fiasco à plusieurs égards en ce qui concerne le développement humain de la majorité de la population, la profusion de permis de concessions offerts à différentes compagnies étrangères cadrent parfaitement dans cette logique d’ouverture des marchés et au besoin d’attirer les capitaux étrangers. Simultanément, on a assisté à une montée en flèche des prix des minéraux sur les marchés mondiaux, toujours en croissante actuellement. Par conséquent, les compagnies, en complicité avec les divers paliers de gouvernement, se sont ruées dans diverses zones reculées d’Amérique latine pour maximiser leur marge de profit. Si les gouvernements ont facilement distribué des concessions c’est dans l’optique des investissements majeurs qui accompagnent ces projets. Sur un plan strictement économique, ceci offre des sources de revenus très intéressantes pour le gouvernement récolté sur les impôts des entreprises et les tarifs douaniers. On parle ici de retombées pouvant atteindre des centaines de millions de dollars, d’où la frénésie pour ces investissements. De plus, aux côtés des sites d’exploitations, les entreprises s’impliquent généralement dans le développement des infrastructures (routes, électricité) bénéfiques à moyen terme pour les populations. Par contre, de ces investissements, la population en touche rarement une fraction suffisante.

Des conséquences sérieuses
La priorité étant accordée aux investissements étrangers, les coûts sociaux et environnementaux sont non-négligeables et préfèrent être laissés dans l’ombre par les autorités nationales. De ceux-ci on compte une contamination des eaux et du sol ainsi que des conséquence sur la santé, la perturbation des écosystèmes, la dépossession de terres tant que la garantie judiciaire ne leur soit pas accordée, le déplacement forcé de population et à des affrontements violents entre des opposants et les forces de l’ordre. De plus, ce qui ressort est la faiblesse des systèmes juridiques et le manque de volonté politique, tant au Canada que là-bas pour réguler ces entreprises et faire valoir en priorité les codes légaux qui donnent souvent raison aux populations locales.

La mobilisation est en marche
Face à ces largesses, les communautés locales s’organisent collectivement pour tenter de changer l’attitude de leurs représentants politiques et reprendre en main le contrôle de leur territoire. De nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) et regroupement de citoyens ont formé des mouvements qui augmentent progressivement leur influence et leur reconnaissance à l’exemple du FAO (Frente Amplio Opositor) au Mexique et de la coalition No a Pascua Lama au Chili, ayant une résonance internationale. De plus, plusieurs consultations populaires dans les communautés affectées ont été menées et montrant le refus considérable de ces projets. Dans certains cas, comme à Intag en Équateur ou à Tambogrande au Pérou, les entreprises ont du reculé ou ont vu leur permis suspendu. Ces exemples positifs témoignent de l’efficacité de la mobilisation sociale et qui peuvent maintenant servir d’inspiration pour d’autres luttes similaires à travers le continent. Et même si le résultat n’est pas l’expulsion des multinationales, on voit un resserrement des cadres légaux et environnementaux que les multinationales doivent maintenant respecter, ce qui représente une amélioration considérable. On note aussi une volonté plus poussée de certaines grandes entreprises minières d’agir plus positivement et de porter une attention publique à leur image d’entreprise “socialement responsable”. Mais ceci ne se manifeste pas toujours en pratique…


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